Le Panthéon de Paris

Victor Hugo écrivait en 1835, dans son recueil « Les Chants du Crépuscule » (III, Hymne) :
« C’est pour ces morts, dont l’ombre est ici bienvenue,
Que le haut Panthéon élève dans la nue,
Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours,
La reine de nos Tyrs et de nos Babylones,
Cette couronne de colonnes
Que le soleil levant redore tous les jours !
 »
Haut lieu dédié à la mémoire et la célébration de la République Française, le Panthéon de Paris s’élève sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le cinquième arrondissement de la capitale.
À l’origine , Louis XV, rétabli d’une grave maladie, décida d’honorer Sainte-Geneviève (la sainte patronne de Paris) en lui faisant construire une église, en remplacement de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève tombée en ruine. Plusieurs architectes dessinèrent des plans mais c’est Jacques-Germain Soufflot qui fut finalement choisi pour superviser le chantier, avec l’ambition de rivaliser avec Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul de Londres. Les travaux commencèrent en 1757 et ne s’achevèrent qu’en 1790, dix ans après la mort de l’architecte et seize ans après celle de Louis XV. L’édifice est majestueux, son dôme reconnaissable entre mille, ses colonnes monumentales, et sa crypte grandiose.
 Par un décret des 4  et 10 avril 1791, l’Assemblée nationale Constituante, qui siégeait depuis le 9 juillet 1789, décida « que le nouvel édifice de Sainte-Geneviève sera destiné à recevoir les cendres des grands hommes, à dater de l’époque de la liberté française ». L’acte décida également de faire inscrire la devise « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » au fronton du bâtiment.
Durant la Révolution Française, six hommes furent inhumés dans la crypte du Panthéon, dont deux en furent ensuite retirés (Mirabeau et Auguste Marie Henri Picot de Dampierre, tout deux accusés de trahison). Voltaire y fut transféré en 1791 et Rousseau en 1794.
 C’est peu de dire que la fonction donnée au Panthéon évolua au gré des aléas politiques des XIXème et XXème siècles. Ainsi, Louis XVIII consacra le bâtiment comme église le 3 janvier 1822 et fit remplacer la devise républicaine du fronton par une inscription religieuse latine. Louis-Philippe, durant la Monarchie de Juillet entre 1830 et 1848, transforma à nouveau le bâtiment en Panthéon et l’inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » fut remise en place. En 1851, Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, re-consacra le Panthéon en basilique nationale, dédiée à sainte Geneviève. En 1870, le bâtiment servit de poudrière et de refuge aux habitants du quartier au cours des bombardements allemands. Lors de la Commune de 1871, les branches de la croix surmontant le dôme furent sciées pour y faire flotter un drapeau rouge et le bâtiment fut de nouveau affecté au culte des Grands Hommes. Il faudra cependant attendre l’enterrement de Victor Hugo en 1885 pour qu’officiellement le pouvoir en place décide de transformer, définitivement cette fois-ci, la basilique Sainte-Geneviève en Panthéon.
 71 personnes sont aujourd’hui inhumées au Panthéon de Paris, les dernières inhumations en date étant celles de 1995 (pour Pierre et Marie Curie, scientifiques et prix Nobels), de 1996 (pour André Malraux, écrivain et Ministre de la culture du Président De Gaulle) et de 2002 (pour Alexandre Dumas). Mais sur ces 71 personnalités reposant au Panthéon, on ne peut compter qu’une seule femme y figurant en son nom propre : Marie Curie. Il est admis qu’il faut remédier à ce déséquilibre, et depuis quelques années de nombreux noms de femmes potentiellement « panthéonisables » circulent, dont notamment celui d’Olympe de Gouge, une des première féministe et auteur de la “Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne” (1791).
 Le 21 février 2014, le Président de la République Française François Hollande a annoncé officiellement les noms des quatre prochaines personnalités qui entreront au Panthéon, deux femmes et deux hommes : Germaine Tillion, ethnologue et résistante décédée en 2008 à l’âge de 100 ans, Pierre Brossolette, résistant, Jean Zay, Ministre de l’éducation nationale sous le Front populaire assassiné par la Milice en 1940, et enfin de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, résistante et militante des droits de l’homme décédée en 2002.
 Nul doute que choisir les grands hommes, et également aujourd’hui les grandes femmes, est un exercice délicat. Lieu de toutes les cristallisations politiques, le Panthéon est « le sanctuaire de l’âme Républicaine », où reposent ceux à qui on a tenu à rendre un hommage particulier.
 A l’occasion de votre séjour à Paris, nous vous conseillons fortement de vous y rendre pour apprécier ce monument architectural unique au monde, incarnation mémorielle de l’Histoire française contemporaine.
Pour info:
Depuis janvier 2013 le Panthéon connaît une rénovation magistrale. La première phase des travaux concerne le dôme et devrait s’achever en 2015. Compte tenu de l’ampleur des travaux et des moyens employés (des micros-pieux s’enfonçant de 17 mètres dans le sol, une grue immense ..), c’est l’un des plus gros chantiers de rénovation d’Europe. Il devrait être intégralement terminé en 2022.
Article proposé par Johann COSIC
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